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Delafield« 7 novembre. – Je suis en pleines plantations de bulbes d’intérieur, et voilà que Lady Boxe se fait annoncer. Je m’exclame bien sûr hypocritement que je suis ravie de la voir, et la prie de s’asseoir juste une minute pendant que je finis mes bulbes. Lady B. s’élance résolument vers le fauteuil où j’ai déjà posé deux coupes à bulbes et le sac de charbon de bois, je l’en fais dévier de justesse et elle prend le canapé. Est-ce que je sais, me demande-t-elle, qu’il est excessivement tard pour planter des bulbes d’intérieur ? Le bon moment est évidemment septembre, à la rigueur octobre. »

Bonjour, bonjour, chères souris lectrices du mois de mai !

Voici un article que je vous promets depuis un certain temps sur Facebook, mais… J’ai très égoïstement profité de mes vacances sans avoir le courage de me mettre au travail ! Voilà donc, enfin, mon avis sur ce « Journal humoristique d’une Lady ».

Le contexte ? L’Angleterre des années 1930, avec ses codes et ses préceptes, ses baronnets et ses pasteurs, ses garden parties et Five O’Clock Teas. L’Angleterre éternelle telle que nous la chérissons, avec son brouillard et ses averses, ses parties de chasses et ses jardins parfaits, et telle qu’elle est décrite, au quotidien, par cette lady quadra, pas vraiment parfaite femme d’intérieur, très bavarde, très désordonnée, terriblement dépensière mais si attachante, surtout face à la redoutable Lady Boxe !

Présenté sous la forme d’un journal intime, ce roman se lit facilement, avec l’impression de retrouver une galerie de personnages secondaires très familiers : le mari taciturne, la préceptrice française fantasque, les enfants, terribles, comme tous les enfants (« Micky Thompson est décidément un garçon charmant, joyeux, bien élevé et d’une santé éblouissante. Renseignements pris, il est orphelin, ce qui ne m’étonne pas du tout. J’ai souvent remarqué que l’absence de sollicitude parentale était très bénéfique aux enfants. ») et la cohorte de voisins exaspérants et intrusifs !

Même si les personnages de Delafield manquent un peu de la profondeur que l’on retrouve chez Trollope, Austen ou Sackville-West et que l’enchaînement des journées relatées au présent s’avère parfois fastidieux (est-ce un parti pris de traduction ou le style de l’auteur ? Dans ces cas-là, je regrette toujours de ne pas lire le livre en VO…), « Pas facile d’être une Lady » est tout de même un sympathique roman avec lequel vous passerez un bon moment et dans lequel un certain nombre d’entre nous, j’en suis convaincue, se reconnaîtront facilement !!!

Décidément, ce n’est pas facile d’être une Lady… et pas facile de concilier un rôle d’épouse, de femme, de mère, de voisine, d’amie, que ce soit il y a presque un siècle ou aujourd’hui !!

Et voici, en complément, l’avis de Michèle que je remercie pour ce long commentaire : « Ce livre bien qualifié de journal humoristique m’a bien fait rire et je me suis fait la réflexion qu’il m’aurait été bien utile lorsque j’avais quarante ans et mes enfants à la maison. Et oui, il existait non loin de chez moi une famille parfaite avec bien sûr des enfants parfaits et il arrivait aussi l’inévitable avec les miens. Effectivement, tout le monde a une lady B. dans ses relations, toujours prête à vous donner des conseils ou à vous critiquer sans en avoir l’air mais que vous enviez bêtement. Et que dire des nota bene et des questions que se pose notre auteur, désopilants et tellement vrais. Un livre bien décomplexant à tout âge, excellent, drôle, philosophique, déculpabilisant au possible !
Toutes les femmes devraient l’avoir dans leur chevet, le meilleur remède pour lutter contre les complexes que certaines nous donnent. »

Bonne fin de week-end !

Anne Souris

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