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Speller« Dans les années qui suivraient, lorsque Laurence Bartram regarderait en arrière, il penserait que l’événement qui avait vraiment tout changé n’était ni la guerre, ni l’offensive de Rosières, ni même la perte de sa femme, mais le retour de John Emmett dans sa vie.« 

Bonjour mes p’tites souris de bibliothèque !

Avec le centenaire de la Grande Guerre, nombreux sont les ouvrages relatifs à cette période proposés par nos chers libraires, au risque parfois de nous saturer… Si toutefois vous voulez aborder le sujet d’un point de vue romanesque, sans trop de détails historico-stratégico-militaires, alors plongez-vous dans l’excellent premier roman d’Elizabeth Speller, Le retour du capitaine Emmett.Ce roman policier très bien mené, à l’intrigue savamment construite et emmêlée vous emportera dans les années juste après la guerre, au tout début des années 1920. Laurence Bartram va devoir se replonger malgré lui, et cependant avec de plus en plus de passion et d’intérêt, dans ces années terribles que ses camarades et lui ont vécu, dans l’enfer des tranchées.

A la requête de Mary Emmett, soeur d’un de ses anciens camarades d’école, John, Laurence va essayer de comprendre les raisons du suicide (apparent ?) de ce dernier lors d’une fugue de la maison de convalescence dans laquelle il avait été admis suite à son retour du front. La vérité va toutefois se révéler moins simple que prévue, et les circonstances de la mort de John Emmett beaucoup plus troubles que ce que pensaient Mary et sa mère.

Laurence, aidé d’un autre ancien camarade d’école, son ami Charles Carfax, va mener l’enquête et tenter de comprendre ce qui, au cours de ces mois passés en France, a pu pousser John à se tuer, bien après l’armistice.

Lâcheté, trahisons, compromis, patriotisme, honneur et loyauté se mêlent dans un étourdissant récit qui remet en cause toutes nos certitudes du début du roman pour aboutir à un dénouement inattendu et poignant.

Je vous recommande vivement ce très, très bon roman policier qui nous fait découvrir des pans méconnus de la Première guerre mondiale (inconnus de moi en tout cas !), et met en lumière les traumatismes visibles et surtout invisibles dont ont été affligés nombre d’hommes revenus du front dans un monde qui avait continué de tourner sans eux. « De toute cette petite bande surexcitée et bruyante, il ne restait, semble-t-il, plus que lui. En ce mois de juin 1911, alors qu’ils mangeaient des fraises à l’ombre des pavillons et regardaient des embarcations ruisselantes sortir de la rivière, qui aurait pu croire à l’éventualité d’un tel dénouement ? Ils étaient tous si vivants, si ancrés dans leur univers. Parfois, il en venait à se demander si ce n’était pas lui qui était mort pendant que les autres avaient repris le cours de leur existence, le regrettant de temps à autre mais trop occupés pour s’y attarder plus longtemps.« 

Bonne journée, et bonne lecture !

Anne Souris

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