Mots-clefs

, , ,

Barreau« L’année dernière, en novembre, un livre m’a sauvé la vie. Je sais que cela semble très peu vraisemblable. Certains pourraient trouver extravagant ou mélodramatique que je dise ce genre de chose. Malgré tout, c’est précisément ce qui s’est passé. Pourtant, personne n’avait visé mon coeur ; la balle n’était pas venue se ficher miraculeusement entre les pages d’une épaisse édition reliée en cuir des poèmes de Baudelaire, comme on le voit parfois dans les films. Je ne mène pas une existence aussi palpitante. Non, mon imbécile de coeur avait déjà été blessé. Un jour qui ressemblait à tous les autres.« 

Bonjour bonjour, chères souris de tous horizons ! Avez-vous passé de bonnes vacances ? Comment s’est passée la rentrée ? Avez-vous lu le livre de V.T. ? (Heu non, ça on en parlera une prochaine fois !)

Voici, chers tous, un joli livre qui vous redonnera un petit arrière-goût de vacances, une impression de légèreté et de bonheur teintée de sépia.

Malgré son nom, l’auteur, Nicolas Barreau, est bien allemand. Et c’est un Paris rêvé qu’il nous décrit avec passion, celui de Piaf et Trenet, le Paris du boulevard Saint-Germain et de ses petites rues tarabiscotées. L’histoire d’Aurélie et d’André s’inscrit dans cette Ville Lumière pour touristes en manque de cartes postales idylliques. Si je me rends bien compte du sarcasme qui pointe derrière ces premières impressions que je vous livre, c’est parce qu’il me faut vous avouer que si j’ai bien aimé ce livre et la jolie histoire que Barreau nous conte, j’ai été un peu énervée par sa mise en scène gentillette de Paris. A part dans Amélie Poulain – mais tout le monde n’a pas le génie de Jean-Pierre Jeunet – cette idéalisation de la capitale m’exaspère, moi qui supporte, comme tant d’autres, le bruit, la pollution et la promiscuité qui lui sont inhérents.

Mais passons outre ce petit défaut pour revenir à l’histoire : Aurélie est la propriétaire d’un petit restaurant dans le 6e arrondissement (m’ayant fait irrésistiblement penser à celui-ci…), qui, suite à une rupture amoureuse et au terme d’une promenade dans les rues de Paris, entre au hasard dans une librairie dans laquelle elle achète le livre d’un auteur anglais qui va changer sa vie.

En effet, la jeune héroïne du roman lui ressemble comme deux gouttes, au point que même son restaurant est décrit ! Aurélie va donc se mettre en relation avec l’éditeur français, André Chabanais, afin de rencontrer celui qui l’a ainsi transformée en personnage de fiction. Mais le destin est souvent capricieux, et le fameux auteur anglais va se révéler bien différent de ce qu’elle pouvait imaginer…

Fort sympathique à lire, ce roman à deux voix – celles d’Aurélie et d’André – s’il ne vous laissera pas un souvenir impérissable, vous fera passer un bon moment, au milieu des rames bondées du métro et de la cacophonie des transports en commun, afin d’échapper quelques heures à la dure réalité de la vie parisienne… Quant aux chanceux qui vivent hors de la capitale, ne vous laissez pas prendre par la charmante description de la capitale, et profitez du calme et de l’environnement bucolique qui vous entoure pour ouvrir « Le sourire des femmes » et vous évader du train-train de la rentrée !

Bonne lecture !

Anne Souris

PS : vous aurez sans doute remarqué qu’après plusieurs semaines à la campagne, ma vision de Paris est quelque peu… partiale, et complètement manichéenne. Mais j’assume.

PPS : traduction de Sabine Wyckaert-Fetick

Publicités