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Baker« There could be no wearing of clothes without their laudering, just as surely as there could be no going without clothes, not in Hertfordshire anyway, and not in September. Washday could not be avoided, but the weekly purification of the household’s linen was nonetheless a dismal prospect for Sarah.« 

Ce qui, dans la langue de Molière, donnerait à peu près : « De même qu’il était impossible de se promener sans habits, de même on ne pouvait pas porter des habits sans les laver, en tout cas pas dans le Hertfordshire, et pas en septembre. Le jour de lessive ne pouvait pas être évité, mais le nettoyage hebdomadaire du linge de maison était néanmoins une perspective lugubre pour Sarah.« 

Figurez-vous, mes chères petites souris, que ce roman était sur ma liste-de-livres-à-acheter-puis-à-éparpiller-pour-que-Mari-Chéri-les-trouve-progressivement, quand, le premier jour des vacances, ma petite Maman me l’a offert comme cadeau souvenir de son voyage en Ecosse ! Top top top !

Imaginez donc : Orgueil et Préjugés narré du point de vue des domestiques, bref, Jane Austen à Dowton Abbey !

Le roman tient ses promesses : personnages attachants, description passionnante de la vie à la cuisine et du quotidien des bonnes et valets de pied, et, en filigrane, Elizabeth, Jane, Mr Darcy et tous les autres ! Jo Baker a réussi l’immense prouesse de ne pas créer une pâle copie de l’oeuvre originale de Jane Austen, mais bien de se réapproprier les personnages, d’en créer bien sûr de nouveaux, tout aussi attachants, et de nous présenter la famille Bennet « behind the doors », derrière les portes closes. Ainsi, moi qui appréciais l’enthousiasme de Lizzie lorsqu’elle se rend à Netherfield pour rester auprès de Jane et crotte ainsi tout son jupon, j’ai adoré le passage dans lequel Sarah peste lorsque vient l’heure de nettoyer ledit jupon tout en se réjouissant que Jane soit malade là-bas – pas pour les mêmes raisons que Mrs Bennet toutefois… -, mais parce qu’une personne malade à la maison signifie des boissons à monter, des mouchoirs à laver, bref, un surcroît de travail considérable !

Si comme moi, vous refermez toujours Orgueil et Préjugées en pensant « oh non, encore !! », alors précipitez-vous pour acheter Longbourn (traduit en français sous le titre « Une saison à Longbourn ») : vous découvrirez les égards de Jane et Lizzie envers leur femme de chambre – qui eût pensé le contraire ? -, vous verrez que Wickham est en effet un homme diaboliquement retors et, bonus suprême, vous accompagnerez Elizabeth à Pemberley après son mariage !

Si ce roman se dévore donc avec beaucoup de bonheur, je dois toutefois admettre que certaines inventions de Jo Baker sont peut-être inutiles (un détour par l’Espagne nous fait perdre un peu de temps), ou superficielles – comme la présence improbable d’un valet noir à Netherfield (Jane Austen l’aurait mentionné, non ?!) -, mais elle nous fait passer un si bon moment qu’il faut bien lui pardonner… N’est pas Jane Austen qui veut !

Bonne lecture !

Anne Souris

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