Mots-clefs

, , , , , , ,

Morton« Au mois de novembre dernier, j’ai fait un cauchemar. On était en 1924 et je me retrouvais à Riverton. Toutes les portes fenêtres étaient ouvertes et la brise estivale gonflait les rideaux de soie. Un orchestre jouait, juché sur le talus couronné par le vieil érable, et les violons déroulaient leur mélopée dans la tiédeur ambiante. L’air était vibrant de rires et de sons cristallins, le ciel était d’un bleu que nous avions tous cru disparu à jamais, détruit par la guerre. Un des valets en livrée noire et blanc versait du champagne dans l’étage supérieur d’une pyramide de flûtes, et tout le monde applaudissait, enchanté, devant ce splendide gâchis. Je me suis vue comme on se voit en rêve, allant et venant parmi les invités. Je me déplaçais lentement, beaucoup plus que dans la vie, et autour de moi les gens formaient un grand flou de paillettes et de soieries.« 

Bien l’bonjour, mes p’tites souris ! Survivez-vous malgré les bourrasques, les averses, les tempêtes et autres inondations ? J’ose espérer que vous n’êtes pas trop malmenées par les intempéries, et vous propose une petite pause lecture dans votre journée !

Si vous aimez Dowton Abbey, Les Vestiges du Jour et en général l’Angleterre des années 1920, vous allez littéralement adorer Les Brumes de Riverton !

L’histoire est celle des habitants du château de Riverton, et en particulier des soeurs Hartford, Hannah et Emmeline, telles qu’elles apparaissaient à la jeune servante Grace Bradley. Soixante-cinq ans plus tard, Grace est la seule des protagonistes à être encore en vie, et à se souvenir de ce fameux été 1924, et de la soirée où le destin des soeurs Hartford, de Grace et de Riverton avait basculé suite à la mort du poète Robert Hunter.

Je ne vous dévoilerai pas plus l’histoire, mais vous recommande vivement la lecture de ce roman. L’intrigue est parfaitement menée, les personnages très bien campés et le format du récit, alternant les souvenirs de Grace Bradley, les lettres qu’elle reçoit de la réalisatrice du film et le scénario de ce dernier, fort agréable ! J’ai particulièrement aimé la description de la relation entre Hannah, Emmeline et leur frère David, leur amour exclusif et les conséquences qu’auront leurs jeux d’enfants sur leur avenir. La condition des jeunes filles ou des jeunes femmes, les relations maîtres-serviteurs ainsi que la pression des conventions sociales sur leur destin à tous sont particulièrement bien décrits et apportent au roman une profondeur et une tonalité douce amère.

Kate Morton (que je ne connaissais pas mais à laquelle ma libraire voue une admiration sans bornes, et qu’elle me recommande depuis des mois) nous offre là un excellent roman, très bien écrit (et aussi bien traduit par Hélène Collon) et suffisamment prenant pour qu’on ne le lâche plus une fois commencé !

Bonne journée !

Anne Souris

Publicités