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DonnellyDonnelly

« Polly Nichols, prostituée de Whitechapel, trouvait au gin des vertus inégalables. Le gin guérissait ses maux, absorbait sa faim, chassait le froid de ses os. Il soulageait ses dents gâtées et les cuisantes douleurs de son bas-ventre. Grâce à cette panacée qui la calmait, l’apaisait, elle se sentait plus heureuse qu’un prince. Titubant dans l’obscurité de la ruelle, elle porta le goulot à ses lèvres. L’alcool lui brûla le gosier. Elle toussa, laissa échapper la bouteille, et jura en l’entendant se fracasser.« 

Mes chères petites souris, j’espère que vous avez passé d’excellentes fêtes de Noël : pour ma part, malgré la fatigue, je n’ai pas résisté et ai lu trois nuits de suite jusqu’aux petites heures du matin pour terminer les 818 pages de l’Insoumise et les 1003 pages de l’ange de Whitechapel le plus rapidement possible !!!

En effet, une fois commencé, il est impossible de lâcher les aventures de Fiona, de ses frères et des habitants de Whitechapel. Sur fond de meurtres de Jack l’Eventreur, de lutte syndicale des dockers et d’expansion de l’empire victorien se déroule une vraie saga qui entraîne le lecteur des bas-fonds de Londres aux beaux quartiers de New-York.

Et l’on suit avidement les mésaventures et autres coups du destin qui, loin de faire plier Fiona, vont renforcer sa détermination à s’en sortir dans la vie : jeune ouvrière miséreuse désemparée face aux meurtres de ses parents, elle réussira à se forger à la seule force de ses mains une fortune colossale qui lui permettra de venger son père assassiné et de rentrer en Angleterre tête haute. C’est là qu’on la quitte à la fin du premier tome, alors qu’elle retrouve son amour de jeunesse, Joe Brisbow…

Le deuxième tome nous tient certes informés de la suite de l’histoire de Fiona et Joe mais il se focalise plus sur la vie du frère de Fiona, devenu un bandit redouté qui a soumis l’East End à sa poigne de fer et sur un jeune médecin idéaliste, India Selwyn Jones, qui rêve d’apporter aide et réconfort aux femmes et enfants de Whitechapel, où elle aimerait ouvrir un dispensaire médical gratuit. Si le premier tome nous donnait un aperçu très réaliste des conditions de travail des ouvriers à la fin du XIXème siècle, celui-ci se concentre davantage sur leurs conditions de vie, le taux de mortalité effrayant des enfants et la vie sordide de femmes condamnées à enfanter années après années jusqu’à ce que leurs grossesse multiples les épuisent et aient raison d’elles.

J’ai adoré ces deux romans qui mêlent drame, aventure, amour, contexte historico-social passionnant : je me suis attachée aux héros, j’ai redouté les malheurs qui pourraient les abattre et j’ai admiré leur ténacité et leur courage face à l’adversité. Il ne faut pas trop se formaliser face à certaines coïncidences un peu trop faciles (du type : tous les héros se retrouvent dans la même ville d’Afrique, au même moment – alors que c’est bien connu, l’Afrique, c’est tout petit !) mais qui sont très bien amenées et qui permettent d’offrir un dénouement heureux. On pardonne donc à Jennifer Donnelly ces quelques points faibles pour se contenter de profiter de ces excellents romans qui pourraient vous tenir compagnie pendant les longues soirées d’hiver…

Et, bien sûr, un immense merci à S. pour ce super cadeau !!

Sur ce, je vous laisse, je file chercher le troisième !

Bonne journée !

Anne Souris

Traduction : Rebecca Satz (L’Insoumise) et Florence Hertz (L’ange de Whitechapel)

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