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Grémillon« Un jour, j’ai reçu une lettre, une longue lettre pas signée. C’était un événement, car dans ma vie je n’ai jamais reçu beaucoup de courrier. Ma boîte aux lettres se bornant à m’annoncer que la-mer-est-chaude ou que la-neige-est-bonne, je ne l’ouvrais pas souvent. Une fois par semaine, deux fois les semaines sombres, où j’attendais d’elles, comme du téléphone, comme de mes trajets dans le métro, comme de fermer les yeux jusqu’à dix puis de les rouvrir, qu’elles bouleversent ma vie. »

Voici un de mes coups de coeur de l’été ! Un roman bouleversant, bien écrit, prenant qui nous promène de la Seconde Guerre mondiale aux années 1970 sur fond de drame familial.

Paris, 1975 : en ouvrant les nombreuses lettres de condoléances qu’elle reçoit suite au décès de sa mère, Camille reçoit une lettre, anonyme. Persuadée que c’est une erreur – ou une machination d’un écrivain pour lui faire parvenir (elle est éditeur) un premier manuscrit – elle n’y prête pas attention. Pourtant, la semaine suivante, la suite lui parvient, toujours sous le même format.

Camille va vite se prendre au jeu et commencer à se poser des questions quant au récit : pourquoi lui est-il adressé, à elle ? Quel est ce trouble qui monte en elle, alors qu’elle croit comprendre qu’elle n’est pas si étrangère que cela au drame que l’inconnu lui raconte ?

Et soudain, alors que le lecteur croit avoir compris l’intrigue, toutes ses certitudes s’effondrent quand l’inconnu poursuit le récit en changeant de point de vue. Et les victimes deviennent bourreaux tandis que les bourreaux apparaissent sous un jour différent… jusqu’au dénouement final, qui éclate tel un coup de tonnerre !

Dépêchez-vous de lire Le Confident, si vous ne l’avez pas encore fait, mes p’tites souris, vous ne le regretterez pas ! C’est une très belle histoire sur le désir d’enfant, sur les secrets familiaux, et sur la versatilité de la vérité.

« A cette période, je trouvais encore ces lettres distrayantes, presque amicales, un peu de mystère dans ce monde qui en était complètement dépourvu n’était pas pour me déplaire. Et puis j’avais envie de connaître la suite, que s’était-il donc passé de si terrible chez les M. ? Je n’imaginais pas un seul instant ce qui m’attendait. L’impensable, ça existe, j’en suis la preuve.« 

Bon début de semaine !

Anne Souris

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