Mots-clefs

, , , , , , , , , ,

Arnim« Lorsqu’Anna Estcourt atteignit l’âge de vingt-cinq ans et commença à se demander si les plaisirs de la vie en contrebalançaient les tracas, une chose extraordinaire se produisit. « 

Voici le fameux livre que j’ai partagé avec vous pour ma  #VendrediLecture. Un excellent roman, très bien écrit, au dénouement certes attendu, mais très très agréable à lire !

Voici donc Anna, 25 printemps anglais, ravissante mais pauvre comme Job. Contrainte depuis son enfance de dépendre de la fortune de sa belle-soeur, cette charmante jeune femme en viendrait presque à souhaiter devenir balayeuse des rues afin d’échapper à un sort lui imposant comme unique échappatoire un mariage avec le plus riche soupirant qui se présenterait. En ce début de vingtième siècle, l’heure n’est pas aux sentiments et aux histoires d’amour fleur bleue, mais bien au pragmatisme et aux convenances, car « un riche mari en bonne position était plus satisfaisant que des rues et bien plus susceptible d’un retour sur investissements« .

Heureusement pour elle, il y a l’oncle Joachim, qui, depuis son Allemagne septentrionale, va lui léguer un petit domaine et lui offrir ainsi l’indépendance dont elle rêve, sans avoir besoin de balayer les rues ! Forte de ses rêves et de son altruisme, Anna embarque donc pour l’Allemagne, avec la ferme intention de transformer sa propriété en refuge pour femmes de bonne famille désargentées. Il lui faudra cependant se confronter d’abord avec les habitudes bien ancrées des habitants de la région, dont le plus terrible est sans doute son intendant, Dellwig, et le plus charmant, Axel von Lohm.

Aaah, Axel von Lohm : « il devait avoir environ trente-cinq ans, était grand, mince, sans trace d’embonpoint menaçant, constata Anna avec satisfaction, sans rien de remarquable qu’un air de simple distinction. […] Il était né avec un sens inconfortablement exact du devoir et maintenant, à la fin de la plus belle moitié de sa vie, après des années à se battre pour cette pauvre terre contre les bizarreries de ce climat hostile, sa conception s’était transformée en conviction que la seule chose belle qui valait la peine dans la vie d’un homme, était d’accomplir au mieux son devoir« . Un nouveau Darcy, en quelque sorte, qui va faire son possible pour dépêtrer Anna des difficultés dans lesquelles elle ne manquera pas de s’embourber.

Je ne vais pas vous tenir en haleine plus longtemps, mes p’tites souris perspicaces : oui, l’histoire se termine bien, oui Anna et Axel vont se marier et avoir beaucoup d’enfants, mais avant cela, vous aurez le temps d’admirer le style d’Elizabeth von Arnim, sa sagacité, son ironie mordante, en particulier dans la description des relations entre les différents personnages et de leurs préjugés de classe. Les petites chicaneries entre l’épouse de l’intendant et celle du pasteur, les velléités d’Anna de faire cohabiter deux nobles dames avec la fille d’un simple postier, tous ces petits riens que l’auteur relate si bien et qui font de la lecture de ce roman un réel moment de plaisir.

Bonne journée !

Anne Souris

Publicités