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MitfordPour une fois, il ne s’agit pas là, mes chères p’tites souris, d’un seul roman, mais de quatre, rassemblés par Omnibus en un seul volume.

Connaissez-vous Nancy Mitford ? Non ?! Allez, un petit effort… Les fameuses et scandaleuses soeurs Mitford ?

Alors, pour faire TRES court : Nancy, l’aînée, fut un écrivain (oui, pour écrivain, c’est la même chose que pour auteur) très célèbre, dont nous allons parler ci-dessous ; Pamela, la 2e, fut la seule à peu près normale et conventionnelle de la famille, hormis le fait qu’elle insista pour se marier en noir ; Diana, numéro 3 et deux maris, fut une fasciste convaincue et admiratrice d’Hitler ; Idem pour la quatrième, Unity (pour l’admiration envers Hitler, pas pour les maris), qui à l’annonce de la déclaration de guerre avec l’Allemagne, se tira une balle dans la tête, et en mourut quelques années plus tard ; Jessica, numéro 5, fut pour sa part une ardente communiste – les réunions de famille devaient être calmes et posées… – et prit la défense des Noirs après la Seconde Guerre mondiale aux USA ; quant à Deborah, la dernière, elle est l’actuelle duchesse de Devonshire, tout simplement.

« L’amour, toujours l’amour » recueille donc quatre romans de Nancy Mitford : A la poursuite de l’amour, L’amour dans un climat froid, Cher ange et Pas un mot à l’ambassadeur.

L’auteur y décrit avec énormément d’humour et de sarcasme les travers et manies de l’aristocratie britannique de l’entre-deux-guerre, et nous dépeint une fresque de portraits plus vivants et attachants les uns que les autres : oncle Matthew et tante Sadie, Lady Montdore et son neveu Cedric, ou encore Charles-Edouard de Valhubert. L’ironie est parfois mordante, le cynisme jamais très loin, mais le ton général des romans de Mitford est beaucoup plus enlevé que ceux de Vita Sackwille-West, sans être aussi déjanté que ceux de Wodehouse !

Ce sont des romans fort agréables à lire, qui ressuscitent une époque et une société que je trouve fascinantes par leur gaîté, leur insouciance et leur totale inadéquation au monde en pleine mutation de cette époque.

P’tites souris de mon cœur, avez-vous lu Nancy Mitford ?

Anne Souris