L’enfant qui attendait un train – Jean d’Ormesson

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dOrmesson2Si le format de ce second livre est aussi court que le dernier dont je vous ai parlé, son style en diffère complètement. On y retrouve ici bien plus la plume poétique de Jean d’Ormesson, le lyrisme de ses tournures de phrases et son écriture si fine et ciselée.

L’histoire est celle – bien triste au premier abord – d’un enfant pauvre, vivant dans une maison perdue au fin fond de la campagne française, dans une vallée encaissée entre de hautes montagnes, dont le seul bonheur est de voir passer, tous les jours à la même heure, un train qui file sous ses fenêtres à la vitesse de l’éclair, tel un rayon lui apportant la lumière du monde extérieur et l’éclat de la vie.

Mais, paraphrasant Daudet dans sa Mort du Dauphin, on pourrait s’écrier « L’enfant est malade, l’enfant va mourir » !

Cette histoire tragique, dans laquelle Jean d’Ormesson ne nous confie même pas le prénom du garçonnet, a toutefois la magie des contes de Noël et par la grâce de l’amour infaillible de ses parents, le miracle va s’accomplir et le train s’arrêtera enfin pour cet enfant qui l’attendait.

Par sa brièveté et son style enlevé, cette merveilleuse nouvelle a la saveur des récits racontés au coin du feu et se prête d’ailleurs particulièrement à l’exercice : paru en 1979 sous forme d’un récit illustré pour les enfants, épuisé depuis, c’est un vrai bonheur de pouvoir en faire à nouveau profiter les plus jeunes lecteurs.

Alors… N’hésitez plus, courez vous le procurer et installez-vous confortablement pour introduire ainsi vos enfants à l’œuvre exceptionnelle, foisonnante, brillante, de Jean d’Ormesson !

Anne Souris

 

Chronique parue dans Neuilly Magazine n°18 du mois de février 2018.

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La Conversation – Jean d’Ormesson

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Choisir parmi l’œuvre si prolifique, si géniale de Jean d’Ormesson – premier roman publié en 1956, dernier à paraître posthume en 2018… – un roman à chroniquer, c’est un peu comme n’avoir le droit de ne choisir chez Ladurée qu’un seul macaron… Je vous parlerai donc de deux !

Si l’un s’est immédiatement imposé à moi – et gardant mon plaisir pour la fin, je ne le publierai que dans quelques jours -, le deuxième a été plus difficile à sélectionner car comme disait Gide, « choisir c’est renoncer ». C’est donc à grand regret que je renonce au Juif errant, au Plaisir de Dieu, au rapport Gabriel… pour vous présenter deux des œuvres les plus originales à mes yeux de M. d’Ormesson, par leur format et leur style : La Conversation et L’enfant qui attendait un train. Lire la suite

On nous a coupé les ailes – Fred Bernard

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« Août 1899. EphémèBernardres, moucherons, moustiques, guêpes, libellules, des centaines d’insectes tournoient autour de nous pour échapper aux attaques des oiseaux. On rit comme des tordus au bord de l’étang. […] Le lundi 5 octobre 1914. J’ignore ce que l’on sert aux officiers, Maman, mais mon ventre crie souvent famine ici. »

En cette dernière année de centenaire de la Grande Guerre, voici un très joli album à mettre entre les mains de vos enfants si vous souhaitez les sensibiliser à cette période de l’Histoire. Lire la suite

Le dernier des Mohicans – James Fenimore Cooper

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Fenimore CooperŒuvre majeure de James Fenimore Cooper, publiée pour la première fois en 1826, « Le dernier des Mohicans » dépeint – comme souvent dans l’œuvre de Fenimore Cooper – la fin du monde indien et la genèse de la création des Etats-Unis d’Amérique.

La toile de fond du roman est celle de la Guerre de Sept Ans et les affrontements qui eurent lieu entre tribus indiennes, troupes anglaises et françaises dans l’ancienne province de New-York, pour la conquête du Nouveau Monde. Lire la suite

Un funambule sur le sable – Gilles Marchand

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Marchand

Avec « Un funambule sur le sable », Gilles Marchand offre à ses lecteurs un nouveau roman tout aussi étrange et envoûtant que son excellent « Une bouche pour personne » et nous invite à le suivre dans la vie et la tête de Stradi.

Et le lecteur se laisse happer, entraîner dans la vie de ce petit garçon en apparence comme les autres, mais qui ne va pas à l’école, que ses parents protègent de l’extérieur, qui a un seul et unique ami, Max et qui grandit sous notre regard en contemplant le monde de son œil avisé et sagace. Lire la suite

Pile ou face : cavale au bout du monde – Hope Larson et Rebecca Mock

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Larson MockProposée par la très sérieuse maison d’édition de bandes dessinées Rue de Sèvres, cette aventure passionnante en deux volumes (pour l’instant !) entraîne le lecteur dans l’Amérique des années 1860.

Le récit, très bien construit et au rythme haletant, fait irrésistiblement penser aux grands romans d’aventures de la littérature de la fin du XIXe : dignes héritiers d’Oliver Twist, Tom Sawyer voire même Gavroche, les jumeaux Cleopatra et Alexandre se voient contraints, à la disparition de leur père adoptif, à rejoindre le redoutable gang du Crochet Noir pour ne pas mourir de faim dans les rues de Manhattan. Lire la suite

Légende d’un dormeur éveillé – Gaëlle Nohant

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Nohant« Il avait oublié les odeurs puissante des Halles, les voies hurlées, le choc des charrettes croulant sous les légumes et les fruits. Il est heureux de retrouver sa ville. Le premier soleil enlumine les gargouilles de la tour Saint-Jacques. Les balayeurs abandonnent le parvis de la gare St-Lazare et aux terrasses voisines, l’odeur du café se mêle à l’encre fraîche des quotidiens du matin. La vieille clocharde de la rue de Seine replie soigneusement son lit de journaux. La sirène d’un remorqueur sous le Pont-Neuf, le tremblement des réverbères qu’on éteint, les cigarettes qui rougeoie entre chien et loup, à cette heure incertaine où ceux qui vivent à contretemps, ceux dont c’est l’ivresse, vont s’écrouler quelques heures. Robert est de ceux-là. Pour lui, la vie ne saurait se limiter aux jours. »

Journaliste, écrivain, chroniqueur radio, peintre et résistant, « poète et bon vivant, membre de la racaille surréaliste, comme [les] appellent les vieilles barbes », Robert Desnos (1900-1945) aura vécu mille vies. Lire la suite

Au revoir et merci.

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Comme je les redoutais, ces quelques mots entendus à la radio ce matin.

Comme je le redoutais, cet instant qui nous priverait à jamais de votre intelligence si vive et discrète, de votre sourire charmeur, de vos yeux si limpides et profonds.

Comme je le redoutais, cet avenir sans vos livres brillants et mordants, sans votre plume si vive, si légère, sans votre style ciselé à la perfection.

Et pourtant, vous nous l’aviez bien dit : « Une espèce de joie m’envahit. je n’ai plus peur de la mort puisqu’il n’est pas interdit d’en attendre une surprise. Je remercie je ne sais qui de m’avoir jeté dans une histoire dont je ne comprends pas grand-chose mais que je lis comme un roman difficile à quitter et que j’aurai beaucoup aimé.
J’ignore s’il y a un Dieu ailleurs, autre chose après la mort, un sens à cette vie et à l’éternité, mais je fais comme si ces promesses étaient déjà tenues et ces espérances, réalisées. Et je souhaite avec confiance qu’une puissance inconnue veille, de très loin, mais beaucoup mieux que nous, sur ce monde et sur moi.« 

« Jean d’Ormesson est décédé cette nuit. »

Êtes-vous parti en nous ayant tout dit ?

« J’ai aimé tout ce qui passe. Mais ce que j’ai aimé surtout, c’est Vous qui ne passez pas. J’ai toujours su que j’étais moins que rien sous le regard de Votre éternité et que le jour viendrait où je paraîtrais devant Vous pour être enfin jugé. Et j’ai toujours espéré que Votre éternité de mystère et d’angoisse était aussi une éternité de pardon et d’amour. Je n’ai presque rien fait de ce temps que Vous m’avez prêté avant de me le reprendre. Mais avec maladresse et ignorance, je n’ai jamais cessé, du fond de mon abîme, de chercher le chemin, la vérité et la vie. »

Au revoir monsieur, et merci.

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Les enfants du capitaine Grant – Alexis Nesme, d’après Jules Verne

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Bonsoir !

C’est Léo, aujourd’hui, qui est à la Une de ma bibliothèque idéale pour vous recommander une bande dessinée qui a l’air absolument fabuleuse… Je l’ai immédiatement inscrite sur ma liste pour ma prochaine visite chez le libraire, et je n’ai pas beaucoup de doutes sur le fait que vous ferez de même…

Passionné de littérature et particulièrement expert en BD et mangas, vous retrouverez régulièrement Léo ici à l’avenir !

Bonne soirée !

Anne Souris

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Dans la série « idée pour sous le sapin », aujourd’hui, Jules Verne revisité : « Les enfants du Capitaine Grant », adapté en bande dessiné par Alexis Nesme, édité chez Delcourt. Lire la suite

Soleil Noir – Fred Bernard et François Roca

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Soleil Noir« Dans la salle à manger de notre maison de famille, au-dessus de la cheminée, trône une peinture que j’adore depuis toute petite. Mon grand-père y est vêtu d’habits militaires rutilants et ma grand-mère porte une magnifique robe espagnole. […] Leurs yeux sont braqués vers la terrasse ombragée de la maison et semblent regarder l’horizon. Mon grand-père a confié à ma grand-mère que c’est ici même, en regardant le soleil se coucher et teinter d’or le ciel et la mer, qu’il a pris la décision de quitter son Espagne natale pour les Amériques… »

Mêlant, comme ils savent si bien le faire, sens des détails très réalistes et images poétiques, Fred Bernard et François Roca nous offrent avec Soleil Noir un excellent album à l’histoire passionnante et aux superbes illustrations.

bernardsn31.jpg Lire la suite