Cosme – Guillaume Meurice

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Meurice« Dans ce minuscule appartement aux volets clos, le silence opère. Quelques mètres carrés au rez-de-chaussée d’un immeuble des beaux quartiers. Une ancienne loge de concierge, recluse derrière les portes d’un grand hall lumineux aux boiseries vernies et au marbre étincelant. Passé le seuil, surgissant de l’obscurité, des yeux. Identiques. Des centaines. Collés au plafond. Un même oeil photographié sur autant de cartes postales fixées côte à côte. L’observateur est observé. »

Cosme, c’est Cosme Olvera, jeune homme paumé et réfléchi, passionné de littérature et tête brûlée, voyou et poète, brillant joueur d’échecs  et cryptographe pour l’armée. Un condensé de traits de caractère contradictoire, une énergie extrême et une extrême sensibilité. Un jeune homme capable de braquer un magasin et d’écrire mieux que personne des vers dans lesquels jaillissent tout ce qu’il ne peut plus contenir. Lire la suite

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L’éveil – Kate Chopin

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Chopin« Dans une cage suspendue à côté de la porte, un perroquet vert et jaune n’arrêtait pas de répéter :  » – Allez-vous en ! Allez-vous en ! Tout va bien ! » Il parlait un peu l’espagnol, , et aussi une langue que personne ne comprenait, sauf peut-être l’oiseau moqueur qui, dans une cage accrochée de l’autre côté de la porte, sifflait à la brise ses notes flûtées avec une obstination exaspérante. Monsieur Pontellier, qui ne pouvait pas lire son journal en paix, se leva et poussa une exclamation, une expression de dégoût sur le visage.« 

Pour ceux d’entre vous qui me connaissent dans la vie réelle, vous comprendrez sans peine le clin d’oeil qui m’a poussé à acheter ce roman mis en avant dans la librairie de mon lieu de vacances. Fort bien m’en a pris, puisque j’ai ainsi découvert un auteur absolument enchanteur, qui aurait pu être le fille spirituelle d’Edith Wharton et Gustave Flaubert ! Lire la suite

La disparue du Venezuela – Diane Kanbalz

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Capture d_écran 2018-07-22 à 21.07.23« La saison est particulièrement chaude cette année, avec des températures frôlant les trente-cinq degrés. La puanteur aigre des barrios s’accroche aux flancs des coteaux, le goudron mollit sous les pas et des cafards longs comme des doigts envahissent les rues, fuyant les canalisations brûlantes. Pour un mois de décembre, c’est plutôt rare. La montagne Avila ne suffit plus à atténuer la canicule qui s’entasse au fond de la vallée et les habitants de Caracas, hébétés, n’en peuvent plus d’attendre que la fraîcheur hivernale chasse les haleines fétides de l’été.« 

Prêté par une amie, ce roman sort – vous l’aurez sans doute remarqué – de mes lectures habituelles mais je ne regrette pas une minute d’être sortie de ma zone de confort tant cet excellent polar m’a tenue en haleine et passionnée. Lire la suite

Belgravia – Julian Fellowes

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Fellowes« Dans le passé, on est comme en pays étranger, dit-on. Les choses s’y font différemment. Sans doute est-ce vrai en ce qui concerne la morale, les mœurs, le rôle des femmes, le type de gouvernement, et bien d’autres aspects de notre vie quotidienne. Mais il existe aussi des similitudes. L’ambition, l’envie, la rage, la cupidité, la gentillesse, l’altruisme, et plus encore l’amour, ont toujours eu une influence déterminante sur nos choix, hier comme aujourd’hui. Voici l’histoire de personnages qui vécurent il y a deux siècles ; pourtant les désirs, rejets et passions qui les animèrent ressemblent pour beaucoup aux nôtres, tels que nous sommes, dans l’époque où nous vivons. »

Les vacances sont là, chères petites souris de bibliothèque, et avec ces jours de détente revient la sempiternelle question « que vais-je pouvoir lire ? ». Si ce n’est déjà fait, prenez Belgravia, de Julian Fellowes. Parole d’Anne Souris, vous ne le regretterez pas ! Lire la suite

Interview de Gwenaële Barussaud-Robert

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GBRCélestine, Léonore, Lucille ou Blanche… Vos héroïnes sont toutes des jeunes filles ou jeunes femmes à forte personnalité, qui n’hésitent pas à prendre en main leur destin. Souhaitez-vous ainsi passer un message à vos lectrices ?

Gwenaële Barussaud-Robert : Vous avez raison, mes héroïnes présentent des caractéristiques communes : elles sont courageuses et déterminées. Souvent, l’histoire s’y prête : il leur faut trouver leur place dans une société en pleine mutation (le Premier Empire, le Second Empire, la naissance de la IIIème république). Des circonstances particulières (le décès d’un parent, des difficultés économiques, leur responsabilité d’aînée) les incitent aussi à prendre en main leur destin quand elles sont encore très jeunes. C’est le reflet d’une époque mais aussi une volonté personnelle d’offrir à mes lectrices des personnages qui ne sont peut-être pas des modèles mais tout au moins des exemples. Je sais, par expérience, combien on est marqué par les lectures de son enfance et comme certains romans sont constitutifs de notre personnalité. J’ai à cœur que mes héroïnes transmettent une certaine idée du courage, de la persévérance, de la volonté. Et aussi une vision positive de l’existence, pleine d’espérance et de promesses. Lire la suite

Focus sur… Gwenaële Barussaud-Robert

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Mesdames et Mesdemoiselles (Messieurs, veuillez accepter mes plus plates excuses, je vous retrouverai avec plaisir une prochaine fois), cet article sera consacré à un auteur que je souhaite vous faire découvrir depuis quelques mois déjà :

Gwenaële Barussaud-Robert.

GBR Lire la suite

Les Doldrums – Nicholas Gannon

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Gannon« Nous connaissons tous des filles et des garçons parfaits. Ils vivent dans des maisons parfaites, avec des parents parfaits. Ils sont parfaitement habillés, ont une démarche parfaite et mènent la vie la plus parfaitement parfaite. C’est parfaitement horrible. Ils sont parfaitement ennuyeux. Heureusement, cette histoire n’est pas celle d’un enfant parfait. C’est l’histoire d’Archer Benjamin Helmsley. »

Un garçon de 11 ans, petit-fils d’explorateurs célèbres portés disparus sur un iceberg en plein milieu de l’Antarctique et vivant dans une maison emplie d’animaux empaillés, un autre garçon, son voisin, issu d’une famille excentrique légèrement loufoque et follement sympathique et une petite fille, ex-petit rat de l’opéra unijambiste, décident de fuir de chez eux pour partir à la recherche desdits grands-parents et embarquer comme passagers clandestins sur le premier cargo en partance pour le Pôle Sud.

Bien évidemment, à ce stade de l’article, tout lecteur sensé devrait froncer les sourcils et quitter ce blog en se demandant ce qui a bien pu passer par la tête de la chroniqueuse lorsqu’elle a décidé de recommander ce livre pour les plus jeunes des lecteurs. Lire la suite

Et vous avez eu beau temps ? La perfidie ordinaire des petites phrases – Philippe Delerm

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Delerm« Et vous avez eu beau temps ? »

C’est par cette question d’une banalité absolue que s’ouvre le dernier Delerm et que le lecteur plonge dans une série de courts chapitres épinglant les uns après les autres nos travers et les lieux communs de nos conversations.

« Je me suis permis… Ca finit quand ?… On l’a vu dans quoi, déjà ?… C’est pas pour dire mais… »

A son habitude, Philippe Delerm porte un regard à la fois tendre et cynique sur ses contemporains, saisissant au gré de ses promenades et de son quotidien nos failles et rodomontades. Chacun s’y retrouvera, chaque anecdote résonne familièrement à notre oreille et l’on se prend à sourire au souvenir de telle conversation ou tel autre débat, au cours duquel une de ces petites phrases nous aura échappé. « Il est peu de douleurs plus cruelles que d’être quitté par qui l’on aime. A cet irréductible chagrin, encore faut-il ajouter le questionnement de ceux qui viennent déposer une pincée de sel sur la blessure toute fraîche en demandant : « Et tu n’as rien senti venir ? » »

Nulle prétention à éblouir le lecteur par des envolées lyriques, nul besoin de grosses ficelles littéraires commerciales pour appâter le chaland : un style excellent, simple et concis, un œil acéré et une immense tendresse pour ses contemporains, telle est le secret du succès de Philippe Delerm et la raison pour laquelle c’est à chaque fois un immense bonheur de le retrouver et de l’accompagner dans ses pérégrinations.

« Constatons simplement que bien des tutoiements ne correspondent à aucune proximité réelle, relèvent souvent d’une camaraderie superficielle, sans estime supplémentaire. Il y a toutefois des familiarités qui vont aussi vers la tendresse. Mais elle n’existe pas, cette phrase délicieuse qui reflèterait l’apogée de la délicatesse : – On pourrait peut-être continuer à se vouvoyer ? »

Bonne lecture !

Anne Souris

Le ciel nous appartient – Katherine Rundell

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Rundell » Au matin de son premier anniversaire, un bébé fut découvert dans un étui à violoncelle, flottant au beau milieu de la Manche. C’était le seul être vivant à des kilomètres à la ronde. Le bébé, quelques chaises et la proue d’un bateau sombrant dans l’océan : rien d’autre à l’horizon.« 

Un petit bijou. Ce roman de Katherine Rundell, une fois lu, ne vous quittera pas pendant un moment et séduira aussi bien les enfants que leurs parents. Lire la suite