Agatha Raisin – M.C. Beaton

Mots-clefs

, , , , ,

Beaton 2

« Mrs Agatha Raisin était assise à son bureau désormais vide de South Molton Street, dans le quartier de Mayfair, à Londres. De la réception lui parvenait le bourdonnement des conversations et le tintement des verres du personnel qui s’apprêtait à lui faire ses adieux. Car Agatha prenait une retraite anticipée. Elle avait bâti son agence de relations publiques au prix de longues années de dur labeur, laissant loin derrière elle la petite fille d’ouvriers de Birmingham qu’elle était autrefois. Elle avait survécu à un mariage malheureux dont elle était sortie meurtrie, certes, mais aussi déterminée à réussir dans la vie. Les efforts qu’elle avait déployés dans son travail tendaient tous à la réalisation d’un rêve : un cottage dans les Costwolds. »

Chers dignes descendants des enfants qu’auraient eu Sherlock Holmes et Miss Marple, ce livre est pour vous ! Lire la suite

Publicités

Reste le chagrin – Catherine Grive

Mots-clefs

, , , , ,

Grive« Rester ? sortir ? Je fais les cents pas, un-deux-trois jusqu’au hublot, quatre-cinq-six jusqu’à la porte. Une orchidée s’ennuie sur la table de nuit. Je déteste ces fleurs de luxe précieuses et mortifères. D’un coup d’ongle, sa tête part valdinguer sur le tapis. La voilà qui ne me quitte plus des yeux. Je la fourre dans ma poche, défais les deux seules valises auxquelles j’ai eu droit et sors sur le pont supérieur, par chance désert. »

Est-ce que vous aussi, chers amis lecteurs, vous vous laisser tenter par la jaquette d’un livre autant que par sa quatrième de couverture ? Pour ce livre-là, c’est d’abord cette phrase, dont le rouge tranchait tant sur ce fond bleu, qui m’a attirée… « Par où est le plus court chemin pour rentrer chez moi ? »

Et je ne regrette pas de m’être plongée dans cet excellent premier roman de Catherine Grive que je vous recommande vivement de lire à votre tour ! Lire la suite

Le Horla – Guy de Maupassant

Mots-clefs

, , , , , , , , , , ,

Maupassant« Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage tout entière.

J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même.

J’aime ma maison où j’ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule, le long de mon jardin, derrière la route, presque chez moi, la grande et large Seine, qui va de Rouen au Havre, couverte de bateaux qui passent.« 

Si, comme moi, chères petites souris, vous n’aviez jamais lu cette superbe nouvelle de Maupassant, voilà un magnifique album qui pourrait vous permettre de corriger cette lacune. Lire la suite

Hortense et Queenie – Andrea Levy

Mots-clefs

, , , , ,

Levy« Je pensais que j’étais allée en Afrique. Je l’ai raconté à toute la classe. Early Bird, notre institutrice, m’a mise debout devant le drapeau britannique – elle n’aurait laissé personne l’appeler communément l’Union Jack : « c’est le drapeau de l’empire, pas un jouet ». Et je me tenais là, fière comme un paon, et j’ai dit : « je suis allée en Afrique quand elle est venue à Wembley ». C’est alors qu’Early Bird m’apprit que l’Afrique était un pays. « D’habitude tu n’es pas idiote, Queenie Buxton, a-t-elle poursuivi. Tu n’es pas allée en Afrique, mais simplement à l’Exposition de l’Empire britannique, comme des milliers d’autres personnes. » « 

Voici, chères petites souris, un livre que j’ai lu il y a quelques temps et dont j’ai beaucoup de mal à savoir si je l’ai aimé ou détesté. Lire la suite

Mon rôle dans la chute d’Adolf Hitler – Spike Milligan

Mots-clefs

, , , , , ,

Milligan« 3 septembre 1939. La dernière minute de paix s’égrenait. Papa et moi regardions Maman creuser notre abri antiaérien. – Quel formidable bout de femme ! dit Papa. – Et qui ne cesse de rapetisser, ajoutai-je. Deux minutes plus tard, on entendit à la radio un certain Chamberlain qui faisait des imitations de Premier ministre. « A partir de onze heures, nous serons en guerre contre l’Allemagne. » (Le « nous » m’a beaucou plu.) »

Voici, chers rongeurs de mon coeur, un livre absolument, délicieusement et absurdement hilarant. Lire la suite

En Syrie, le désert et la vie – Gertrude Bell

Mots-clefs

, , , , , ,

Bell« Les personnes qui ont été élevées au sein d’un ordre social raffiné connaissent peu de moments de joie aussi intense que ceux qui précèdent un voyage dans un pays lointain. Les grilles de leur jardin clos s’ouvrent soudain toutes grandes, la chaîne protégeant l’entrée du sanctuaire est abaissée : avec un regard circonspect de part et d’autre, on s’élance, et, ô merveille, voici l’univers infini !« 

Voilà, chers rongeurs de bibliothèque, un livre absolument passionnant, une épopée digne des plus grands romans d’aventure, l’autobiographie de Gertrude Bell.

Oui, je vous entends déjà, Gertrude Qui ? Si le nom de ce pendant féminin à Lawrence d’Arabie (qu’elle appelait « mon petit », soit dit en passant) ne vous dit rien, c’est parce que plusieurs décennies de bien-pensance anticolonialiste ont relégué aux oubliettes de l’Histoire celle qui aura été la « reine sans couronne » d’Irak, celle « dont la mémoire sera toujours tenue en affection par les Arabes » ainsi qu’il était écrit sur un buste la représentant dans le Musée national d’Irak à Bagdad. Lire la suite

Double secret – Willa Marsh

Mots-clefs

, , , , ,

Marsh« Les photos se trouvaient dans un paquet, au fond du coffret en bois de rose. Il les feuilleta, surpris de voir quelles étaient toutes de lui – un témoignage photographique s’étendant sur trente ans –, puis les remit dans le coffret. Massif, carré, finement incrusté d’or, cet écrin contenait non seulement les petits trésors de sa mère, mais une foule de souvenirs de famille. Jadis possédé par sa grand-mère paternelle, il formait ainsi un lien précieux avec un père dont il pouvait à peine se souvenir.« 

Après « Une famille délicieuse » et « Meurtres entre sœurs », voici le troisième roman de Willa Marsh que je lis.
Comme d’habitude, c’est un vrai plaisir de retrouver ces intrigues familiales aux sombres secrets, ces grandes maisons qui cachent autant de secrets de famille qu’il y a de pièces, et ses héros attachants, dont on souhaite qu’ils trouvent enfin le bonheur. Lire la suite

Le gardien des choses perdues – Ruth Hogan

Mots-clefs

, ,

Chers amis lecteurs, un simple mot pour vous remercier de votre fidélité pendant ces longues semaines où ce blog est resté en pause. Les visites ont continué, du monde entier, et votre patience me touche. Me voici de retour avec un très joli livre…

« Charles Bramwell Brockley voyageait seul et sans billet dans le London Bridge – Brighton de 14h42. La boîte de biscuits Huntley & Palmers dans laquelle il voyageait vacilla dangereusement au bord du siège lorsque le train s’arrêta en trépidant à Haywards Heath. Mais à l’instant même où elle allait basculer vers le sol du compartiment, une paire de mains sûres la recueillit. »

Dans ce charmant roman qui mêle les voix et les époques, Ruth Hogan nous livre une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Le personnage central de ce livre, celui par qui tout commence et qui a été pendant toutes ces années ce fameux gardien des choses perdues, Anthony Peardew, est, à l’époque du début du livre, un vieux monsieur fragile, un ancien écrivain à succès, mais surtout un collectionneur d’un genre particulier : il récupère, anote, et classe tous les objets qu’il trouve dans la rue avant de les ranger dans la bibliothèque de sa grande maison. Lire la suite

Un tigre dans le jardin – Anne-Marie Pol

Mots-clefs

, , , , ,

« Il est là. Je le sais. Il est là, tout près. Au fond du jardin. Il se cache sous le banian, à l’endroit plein d’herbes hautes entrelacées où il nous est interdit d’aller. Et il nous guette. Personne ne l’a vu, mais moi, oui. »

Cet excellent roman de la talentueuse Anne-Marie Pol se déroule en 1931, au Tonkin, dans une grande maison bourgeoise, où Paule vit en compagnie de ses parents, de son frère aîné Pierre et de ses petites sœurs, Denise et Germaine.

Petite fille à l’imaginaire très développé, Paule est intimement convaincue qu’un tigre vit au fond du jardin et elle le guette à chaque instant pour enfin pouvoir l’apercevoir.

Ce tigre apparaît lorsque Paule en a besoin : lorsque Maman s’occupe de Pierre, qui lui ressemble tellement, lorsque la nounou Ti Ba emmène les petites sœurs chez elle en la laissant seule, lorsque Papa, une fois de plus, complimente Denise sans rien dire à Paule ou que Maman se réfugie dans sa tristesse pour penser à Xavier, ce grand frère décédé et qui était si parfait… « A cette minute, je voudrais que le Tigre m’emporte. S’il m’emportait, Maman aurait-elle des regrets ? […] Je convoque tout bas le Tigre. Peu après, j’entends ses pas feutrés dans la terre rouge du jardin. Et je me sens mieux. » Lire la suite